Ses dessins sont réalisés à partir de sa signature, de son écriture. La répétition du geste, très spontané, permet de former un ensemble très réaliste tout en gardant une grande liberté de mouvement.

La signature, bien qu’elle soit un acte courant, est un marqueur d’identité. Elle permet d’authentifier un document, une œuvre. En la faisant devenir partie intégrante de son dessin, celui-ci devient beaucoup plus personnel, unique et  authentifiable. L’écriture révèle sa personnalité, sa propre sensibilité et lui permet de se projeter dans le dessin. Son nom composant chaque partie du dessin, Sarah Philippe s’incarne ainsi dans le sujet.

Il ne s’agit pas de calligraphie, ou l’art de bien former les caractères. L’importance du mot n’est pas sa beauté visuelle. Au contraire le but est de conserver toute la spontanéité de l’écriture. C’est par sa multiplicité, sa répétition que l’on obtient un ensemble cohérent et esthétique.

Le sens du mot a son importance et on rejoint ainsi d’avantage les « calligrammes » de Guillaume Apollinaire, mais avec une démarche inverse ; chez le poète, la forme est au service du texte qu’elle est un rapport avec ou non. Ici le sujet et sa représentation priment et l’écriture permet de révéler sa force intrinsèque.